Préparer un fichier pour l'impression revient à régler cinq choses avant l'envoi : le bon format avec son fond perdu, un mode colorimétrique CMJN, une résolution de 300 ppp, un export en PDF propre, et les mentions obligatoires quand le document est un imprimé publicitaire. Cette page rassemble les repères vérifiés pour un flyer, une affiche, une carte de visite ou une brochure, avant le passage par le BAT.
La série A et les autres formats
La norme ISO 216 organise les formats de papier en trois séries, A, B et C, construites pour garder les mêmes proportions quand une feuille est pliée ou coupée en deux : le rapport entre la longueur et la largeur vaut la racine carrée de deux, environ 1,414, si bien que chaque format correspond exactement à la moitié du format qui le précède, selon Wikipédia. Le format A0, dont la surface fait 1 m², mesure 841 x 1 189 mm ; il se divise en A1, puis A2, A3, A4 (le format bureautique de référence), A5, A6 et A7. Cette construction géométrique permet d'agrandir ou de réduire un document d'un format à l'autre sans déformer les visuels ni les recadrer, ce qui explique pourquoi la série A structure l'essentiel des formats d'impression courants, du dépliant à l'affiche.
La carte de visite échappe à cette logique : son format le plus courant en France, 85 x 55 mm, se rapproche du format normalisé des cartes bancaires (85,60 x 53,98 mm selon la norme ISO/CEI 7810 ID-1), ce qui lui permet de tenir dans les mêmes portefeuilles et porte-cartes. Le format DL, souvent utilisé pour un dépliant ou un flyer glissé en présentoir, correspond à un tiers d'A4, soit environ 99 x 210 mm pour le document lui-même (l'enveloppe DL, elle, mesure 110 x 220 mm) ; il ne fait pas partie de la série A à proprement parler mais s'en déduit par division.
| Format | Dimensions (mm) | Usage fréquent |
|---|---|---|
| A0 | 841 x 1 189 | Affiche grand format, panneau |
| A1 | 594 x 841 | Affiche, panneau d'exposition |
| A2 | 420 x 594 | Affiche |
| A3 | 297 x 420 | Affiche, poster, planche graphique |
| A4 | 210 x 297 | Courrier, brochure, flyer grand format |
| A5 | 148 x 210 | Flyer, invitation, programme |
| A6 | 105 x 148 | Flyer, carte postale |
| A7 | 74 x 105 | Petit flyer, étiquette |
| Carte de visite | 85 x 55 (le plus courant en France) | Carte de visite professionnelle |
Ces dimensions correspondent au format fini, après coupe : elles ne tiennent pas encore compte du fond perdu à ajouter avant l'export, détaillé plus loin sur cette page.
Flyers, affiches, cartes de visite
Pour un flyer, les formats les plus fréquents restent l'A5 (148 x 210 mm) et l'A6 (105 x 148 mm), auxquels s'ajoute le format DL, souvent choisi pour les dépliants glissés en présentoir ou en enveloppe. Le choix dépend surtout du mode de distribution prévu (main propre, présentoir, boîte aux lettres) et de la quantité de texte et d'images à faire tenir sur la page : un flyer A6 laisse peu de place à un texte long, tandis qu'un A5 accepte plus facilement une accroche, un visuel et des informations pratiques.
Une affiche se choisit en général entre A3, A2, A1 et A0, selon la distance de lecture visée et l'espace d'affichage disponible : plus une affiche est grande, plus elle est destinée à être vue de loin, ce qui a une conséquence directe sur la résolution nécessaire des images qui la composent, un point détaillé plus loin. Une affiche A3 se lit de près, presque comme un document de bureau agrandi, alors qu'une affiche A0 se conçoit pour être vue depuis plusieurs mètres, dans une rue ou un hall.
La carte de visite, au format le plus courant de 85 x 55 mm en France, doit rester lisible malgré sa petite taille : logo, nom, fonction et coordonnées s'y organisent en général sur un recto, parfois avec un verso dédié à un second message ou à une déclinaison de couleur. Certains imprimeurs proposent d'autres formats, plus grands ou plus petits selon la gamme ; le gabarit fourni par le prestataire précise toujours la dimension exacte attendue, fond perdu compris, avant l'envoi du fichier définitif.
Pour aller plus loin


CMJN et RVB
Un écran affiche les couleurs en RVB (rouge, vert, bleu), une synthèse additive de lumière, alors qu'une imprimante dépose de l'encre en CMJN (cyan, magenta, jaune, noir), une synthèse soustractive de pigments. Ces deux modes ne couvrent pas exactement la même gamme de couleurs : certaines teintes RVB vives, notamment les verts fluorescents, les oranges et les bleus électriques, n'existent pas dans la gamme CMJN et ressortent plus ternes une fois imprimées. Créer directement le document en CMJN, plutôt que de laisser l'imprimeur convertir automatiquement un fichier resté en RVB à la réception, permet de repérer et de corriger ces écarts de teinte à l'écran avant l'impression réelle.
Sur la plupart des logiciels de mise en page généralistes, le mode colorimétrique se choisit dès la création du document ou se change dans un menu dédié aux réglages de couleur : un logiciel de mise en page comme InDesign propose par défaut le mode CMJN quand on choisit un document de type impression (le mode RVB restant celui des documents destinés à l'écran), tandis qu'un logiciel de retouche photo demande en général de sélectionner ce mode dans le menu image ou fichier avant d'exporter. Le Pantone, ou système de tons directs, fonctionne différemment : chaque teinte correspond à une encre pré-mélangée selon une référence unique, hors quadrichromie, ce qui garantit une couleur identique d'un tirage à l'autre, un atout quand la teinte exacte d'un logo doit rester constante quel que soit l'imprimeur.
L'erreur la plus fréquente
Envoyer un fichier resté en RVB parce que le logiciel de création (traitement de texte, outil de présentation ou logiciel web) ne propose pas nativement le mode CMJN. Le fichier s'ouvre et s'imprime quand même, mais les couleurs vives changent d'aspect à la sortie, sans qu'aucun message d'erreur ne l'ait signalé au moment de l'export.
Fond perdu et zone tranquille
Le fond perdu est une extension graphique au-delà du format fini d'un document, destinée à être coupée après l'impression. Son rôle : garantir qu'aucune marge blanche indésirable n'apparaisse sur les bords, même si la découpe au massicot subit un léger décalage mécanique, un outil qui n'est jamais parfait au dixième de millimètre près. La valeur la plus fréquente est de 3 mm sur chaque bord, mais elle peut varier de 2 à 5 mm selon l'imprimeur et le façonnage prévu ; certains grands formats ou supports rigides demandent davantage. Le gabarit fourni par le prestataire indique toujours la mesure exacte à respecter pour sa machine.
À l'intérieur du format fini, une zone tranquille (ou zone de sécurité) de quelques millimètres, souvent 3 à 5 mm, protège les éléments importants, texte, logo ou numéro de téléphone, d'un léger décalage de la coupe : rien d'essentiel ne doit s'approcher trop près du bord, même si le fond perdu, lui, est bien présent. Pour préparer concrètement un fichier, la méthode la plus courante suit ces étapes : créer le document aux dimensions du format fini augmentées du fond perdu de chaque côté ; étendre les fonds de couleur, photos et dégradés jusqu'au bord du document agrandi ; laisser une marge intérieure vide de texte et de logo correspondant à la zone tranquille ; puis exporter en incluant les traits de coupe, qui indiquent à l'imprimeur où couper exactement. Une erreur fréquente consiste à déclarer le fond perdu dans les réglages du document sans réellement étendre les visuels jusqu'au bord : le résultat produit le même liseré blanc qu'une absence totale de fond perdu.
Résolution
Pour un document lu de près, comme un flyer, une carte de visite ou une brochure, le standard de l'impression offset et numérique est de 300 ppp (points par pouce, ou dpi en anglais) à la taille réelle d'impression. Une image récupérée sur un site web, généralement calibrée à 72 ppp pour l'écran, ressort floue ou pixellisée une fois agrandie et imprimée à cette résolution : le défaut, invisible sur un écran, devient net sur le papier. Un très grand format regardé de loin, comme une bâche ou une affiche urbaine, tolère une résolution nettement plus basse, car l'œil du lecteur, plus éloigné du support, ne perçoit plus les détails fins à cette distance ; il reste utile de vérifier ce point précis auprès de l'imprimeur avant de composer un visuel en très grand format.
Concrètement, vérifier la résolution d'une image avant impression consiste à comparer sa taille en pixels à sa taille d'impression prévue en centimètres ou en pouces : une photo de 1 200 pixels de large, imprimée à la taille réelle d'un A6 (105 mm de large, soit environ 4,1 pouces), atteint une résolution proche de 290 ppp, ce qui reste correct ; la même photo étirée sur une largeur A4 tomberait à environ 145 ppp, un niveau insuffisant pour un document lu de près (bien en dessous du standard de 300 ppp).
Exporter un PDF d'impression
Le PDF reste le format d'échange standard avec un imprimeur, car il regroupe polices, images et mise en page dans un seul fichier lisible sur n'importe quel poste, sans dépendre du logiciel d'origine. La famille PDF/X, définie par la norme ISO 15930 dans ses variantes PDF/X-1a, X-3 ou X-4, est spécifiquement conçue pour l'échange destiné à l'impression professionnelle : elle impose l'intégration complète des polices, et ses variantes les plus anciennes (X-1a, X-3) demandent en plus l'aplatissement des transparences avant export, une contrainte que la variante plus récente X-4 lève puisqu'elle gère nativement la transparence, ce qui réduit le risque de mauvaise surprise à l'ouverture du fichier chez l'imprimeur. Un fichier exporté simplement en PDF standard, sans ce réglage, peut afficher des polices de substitution ou des transparences mal rendues sur un poste différent de celui qui a servi à la création.
Le passage à l'export suit en général les mêmes étapes, quel que soit le logiciel de mise en page utilisé : choisir un préréglage d'export destiné à l'impression professionnelle (souvent nommé qualité supérieure ou haute définition), vérifier que le fond perdu du document est bien inclus dans l'export, activer les traits de coupe, et confirmer que les polices sont vectorisées ou intégrées plutôt que simplement référencées. Un logiciel bureautique classique (traitement de texte, tableur) exporte rarement un PDF adapté à ces exigences : dans ce cas, il vaut mieux vectoriser le fichier ou passer par un logiciel de mise en page avant l'envoi définitif.
Le BAT
Le BAT, ou bon à tirer, désigne la dernière étape avant l'impression définitive d'un document : une simulation d'impression, à partir du fichier finalisé, soumise au client pour vérification de la mise en page, du texte et des couleurs, selon Wikipédia. Une fois cette épreuve jugée conforme, le client la signe en y apposant la mention « bon à tirer », ce qui rend le document contractuel : cette signature engage l'imprimeur à produire un résultat conforme à ce qui a été validé, et dégage sa responsabilité pour les erreurs qui n'auraient pas été repérées à ce stade, qu'il s'agisse d'une faute d'orthographe, d'un problème de colorimétrie ou d'un défaut de mise en page.
Le BAT peut prendre plusieurs formes : le BAT électronique, envoyé et validé par courriel au format PDF, le plus utilisé aujourd'hui car rapide et sans frais supplémentaires ; le BAT papier, un tirage de qualité sur imprimante, qui permet de vérifier le rendu en taille réelle mais sans garantir une colorimétrie strictement identique à celle de la presse finale ; et, plus rarement pour des tirages exigeants, une épreuve calée directement sur presse. Lire attentivement chaque BAT avant de le valider reste la seule façon d'éviter qu'une erreur passée inaperçue à cette étape ne se retrouve sur l'ensemble du tirage.
Exemple concret
Léa prépare 500 flyers A5 pour son association. Elle crée son fichier à 154 x 216 mm (format A5 plus 3 mm de fond perdu de chaque côté), en CMJN, avec ses photos importées à 300 ppp, exporte un PDF avec fond perdu et traits de coupe inclus, puis relit attentivement le BAT envoyé par son imprimeur avant de le valider : c'est cette dernière lecture qui lui permet de repérer une virgule oubliée dans l'adresse de l'association.
Les mentions obligatoires
Un document publicitaire imprimé, comme un flyer ou un prospectus, doit respecter des mentions obligatoires. L'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse impose à tout imprimé rendu public de porter l'indication du nom et du domicile de l'imprimeur, à l'exception des ouvrages de ville ou bilboquets, c'est-à-dire les petits travaux courants comme les cartes de visite ou les faire-part. Cette obligation vise en priorité les documents diffusés largement, comme les prospectus et les catalogues.
Les documents publicitaires et commerciaux d'une société doivent par ailleurs comporter certaines mentions liées à l'identité de l'entreprise qui les diffuse, selon service-public.gouv.fr : ces règles concernent en premier lieu les documents commerciaux au sens large (factures, devis, conditions générales de vente) mais s'étendent aussi aux supports publicitaires imprimés ou en ligne. Une seconde obligation concerne l'environnement : le code de l'environnement encadre la mention invitant à ne pas jeter un imprimé sur la voie publique, ainsi que l'information de tri qui doit accompagner un document destiné à être largement diffusé, sous la forme d'un marquage comme Info-tri ou Triman selon les cas. En cas de doute sur un document précis, mieux vaut vérifier le texte à jour sur service-public.gouv.fr plutôt que de se fier à une pratique observée ailleurs, car les seuils et les exceptions peuvent évoluer.
Check-list avant envoi
Avant d'envoyer un fichier à un imprimeur, quelques vérifications simples évitent la plupart des refus ou des retards de traitement.
| Point à vérifier | Ce qu'il faut contrôler |
|---|---|
| Format | Dimensions exactes du format fini, conformes au gabarit de l'imprimeur |
| Fond perdu | Présent sur chaque bord (2 à 5 mm selon l'imprimeur), visuels bien étendus jusqu'au bord du document, pas seulement déclarés |
| Zone tranquille | Aucun texte ni logo important trop proche du bord de coupe |
| Mode colorimétrique | Fichier en CMJN, pas en RVB |
| Résolution des images | 300 ppp à la taille réelle d'impression pour un document lu de près |
| Polices | Intégrées ou vectorisées dans le PDF final |
| Format d'export | PDF, si possible PDF/X, avec traits de coupe inclus |
| Mentions obligatoires | Nom et adresse de l'imprimeur, information de tri si le document est un imprimé publicitaire largement diffusé |
| BAT | Relu en entier (texte, couleurs, mise en page) avant validation |
Cette liste ne remplace pas le gabarit propre à chaque imprimeur, qui reste la référence pour les valeurs exactes de fond perdu et de marge.
Questions fréquentes
Quel format choisir pour un flyer ?
L'A5 (148 x 210 mm) et l'A6 (105 x 148 mm) restent les formats les plus fréquents pour un flyer, avec le format DL, un tiers d'A4, souvent réservé aux dépliants glissés en présentoir ou en enveloppe. Le choix dépend surtout du mode de distribution prévu et de la quantité de texte à faire tenir sur la page.
Faut-il toujours convertir son fichier en CMJN avant de l'envoyer ?
Oui, c'est recommandé : un fichier resté en RVB, l'espace colorimétrique de l'écran, peut voir certaines teintes vives changer d'aspect une fois converties automatiquement en CMJN par l'imprimeur. Convertir soi-même le fichier avant l'export permet de repérer ces écarts et de les ajuster à l'écran.
Combien de fond perdu prévoir sur un fichier d'impression ?
La valeur la plus fréquente est de 3 mm sur chaque bord du format fini, mais elle peut varier de 2 à 5 mm selon l'imprimeur et le façonnage prévu. Le gabarit fourni par le prestataire indique toujours la mesure exacte à respecter, et il faut aussi étendre les visuels jusqu'à ce bord, pas seulement déclarer la marge.
Quelle résolution d'image choisir pour un document imprimé ?
Pour un document lu de près, comme un flyer ou une carte de visite, le standard de l'impression est de 300 ppp à la taille réelle d'impression. Un très grand format regardé de loin, comme une bâche ou une affiche urbaine, tolère une résolution nettement plus basse.
Qu'est-ce qu'un BAT et pourquoi le vérifier attentivement ?
Le BAT (bon à tirer) est la dernière épreuve soumise avant l'impression définitive. Une fois signé, il devient contractuel : il engage l'imprimeur sur le résultat attendu mais dégage sa responsabilité pour toute erreur de texte, de colorimétrie ou de mise en page qui n'aurait pas été repérée à cette étape.
Un flyer doit-il obligatoirement porter le nom de l'imprimeur ?
Oui : l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse impose à tout imprimé rendu public de porter le nom et le domicile de l'imprimeur, sauf pour les ouvrages de ville comme les cartes de visite ou les faire-part.
Quel format de fichier envoyer à un imprimeur ?
Le PDF reste le format d'échange standard, car il regroupe polices, images et mise en page dans un seul fichier. La famille PDF/X (norme ISO 15930) est spécifiquement conçue pour l'impression professionnelle et limite les risques de police manquante ou de transparence mal aplatie.

