L'impression expliquée : formats, fichiers, papiers et finitions

Imprimer de façon écoresponsable : papier, encres, quantités, labels

Impression écoresponsable : réduire les quantités, choisir papier et encres à moindre impact, et reconnaître les labels fiables comme Imprim'Vert.

Procédés & labels

Imprimer de façon écoresponsable : papier, encres, quantités, labels

L'essentiel

  • Imprimer de façon écoresponsable commence avant le choix du papier : c'est d'abord une question de quantité, le gaspillage lié à une estimation trop large est la cause la plus fréquente d'impact inutile
  • Le papier recyclé ou certifié FSC ou PEFC garantit une origine contrôlée, mais ce n'est pas le seul critère : le grammage, le choix du procédé et les finitions comptent autant
  • Imprim'Vert est un label qui porte sur l'atelier de l'imprimeur (déchets, stockage, énergie), pas sur le papier : il se vérifie en demandant à l'imprimeur depuis quand il le détient
  • L'impression numérique limite les pertes sur les petits tirages, l'offset reste pertinent sur les grands volumes : le choix dépend surtout de la quantité à produire
  • Les encres dites végétales, le papier non couché et l'absence de vernis sont des choix qui réduisent l'impact sans toujours figurer sur un devis par défaut

Imprimer de façon écoresponsable, c'est d'abord réduire la quantité imprimée au plus près du besoin réel, puis choisir un papier d'origine contrôlée (recyclé, FSC ou PEFC), des encres à moindre impact et un imprimeur labellisé Imprim'Vert. Aucun de ces choix ne suffit seul : c'est leur combinaison qui fait la différence entre un support imprimé pensé et un support imprimé par défaut. Voici, dans l'ordre, ce qui pèse vraiment et comment le vérifier avant d'envoyer un fichier à l'impression.

Qu'est-ce qu'une impression écoresponsable, concrètement

Une impression écoresponsable est un imprimé dont la fabrication a été pensée pour limiter les ressources consommées et les déchets produits, à chaque étape : la quantité décidée, le papier choisi, l'encre utilisée, le procédé retenu, les finitions ajoutées et l'atelier qui l'a produit. Aucun de ces leviers n'est accessoire : un flyer imprimé sur papier recyclé mais commandé en dix fois plus d'exemplaires que nécessaire n'a rien de responsable, et un papier vierge imprimé dans un atelier qui trie et traite correctement ses déchets peut être un choix plus mesuré qu'il n'y paraît.

La notion recouvre aussi l'idée de pensée amont du support : estimer avant de concevoir combien d'exemplaires seront réellement distribués ou lus, et adapter le format, le grammage et les finitions à cet usage plutôt qu'à l'habitude. C'est le point le plus souvent oublié des pages consacrées au sujet, qui partent directement du papier ou de l'encre sans interroger la quantité commandée.

Réduire d'abord la quantité, avant le papier ou l'encre

La première source de gaspillage dans un projet d'impression n'est ni le papier ni l'encre, c'est la quantité commandée au-delà du besoin réel. Comme le relève le site ma-bonne-impression.fr, les tarifs dégressifs incitent souvent à imprimer un maximum d'exemplaires pour profiter de prix avantageux, ce qui mène à une sur-impression et à un gaspillage de papier qui peut être conséquent. Avant de lancer une commande, il est préférable d'estimer le nombre d'exemplaires réellement nécessaires en fonction du mode de diffusion prévu : distribution en main, affichage sur un lieu unique, envoi postal ciblé, ou mise à disposition en libre-service.

Cette estimation dépend de plusieurs facteurs : la durée de vie prévue du support (un flyer d'événement ponctuel n'a pas la même durée d'usage qu'une plaquette institutionnelle), le canal de diffusion (le porte-à-porte, par exemple, suppose un contact direct avec la cible et limite le risque que l'imprimé parte directement à la poubelle, comme le souligne ma-bonne-impression.fr), et la possibilité ou non de réimprimer un petit complément plus tard si besoin. Un tirage trop large n'est jamais rattrapé par un papier recyclé ou une encre végétale.

Penser le support dès sa conception

Ce principe de réflexion amont, que ma-bonne-impression.fr appelle l'éco-conception, vaut pour tous les formats imprimés : brochures, cartes de visite, flyers, affiches. Concrètement, un support destiné à être vu de près et conservé (carte de visite, carton d'invitation) justifie davantage de soin qu'un support destiné à être lu une fois puis jeté.

Choisir un papier à moindre impact

Une fois la quantité fixée, le papier est le second poste à regarder. Deux approches se complètent plutôt qu'elles ne s'opposent : utiliser du papier recyclé, ou utiliser du papier neuf certifié FSC ou PEFC, c'est à dire issu de forêts dont la gestion est contrôlée dans le temps. Le papier recyclé évite de prélever de la fibre vierge, mais le papier non recyclé certifié garantit en retour que le bois utilisé provient d'une forêt suivie et renouvelée. Comme l'explique l'imprimeur Copymage sur copymage.com, il n'est pas tout à fait juste d'opposer fibres vierges et papier recyclé : les deux circuits sont liés, la fibre recyclée elle-même vient, à l'origine, de bois issu de forêts, et sa qualité se dégrade un peu à chaque cycle de recyclage, ce qui rend nécessaire un apport régulier de fibre neuve dans la chaîne globale du papier.

FSC ou PEFC apporte une garantie sur l'origine du bois et sur le suivi de la chaîne de contrôle jusqu'au produit fini ; Copymage rappelle que FSC atteste qu'une forêt est correctement gérée, et que PEFC garantit que le bois est récolté là où les propriétaires se sont engagés à suivre les principes d'une gestion forestière durable. En l'absence de pourcentage précis lu sur le site du label concerné, il n'est pas utile d'en citer un : l'essentiel à retenir est que la présence du label, quel qu'il soit entre les deux, atteste d'un contrôle qui n'existe pas sur un papier non certifié.

Grammage, papier non couché et finitions

Le grammage adapté au document (ni trop léger pour un support qui doit durer, ni surdimensionné pour un flyer jeté après lecture) limite la quantité de matière utilisée par exemplaire. Le papier non couché, moins travaillé que le papier couché, est en général considéré comme plus simple à recycler en fin de vie, car il comporte moins de couches ajoutées. À l'inverse, chaque finition supplémentaire, vernis, pelliculage, dorure, ajoute une couche qui complique le recyclage du support et consomme une ressource de plus. Comme le note ma-bonne-impression.fr, limiter les finitions permet de réduire l'impact environnemental d'un dépliant de plusieurs façons ; limiter les finitions à ce qui est réellement utile (lisibilité, résistance à la manipulation) plutôt qu'à l'effet esthétique est un choix qui pèse sur l'impact final, sans qu'il soit toujours présenté comme tel sur un devis.

Encres : ce qui change réellement

Les encres dites végétales, fabriquées à partir d'huiles d'origine végétale plutôt que de solvants d'origine pétrolière, sont présentées par plusieurs imprimeurs comme une alternative aux encres classiques, censée limiter les composés organiques volatils (COV) relâchés lors du séchage. Ce choix d'encre relève toutefois du matériel et des procédés propres à chaque atelier d'impression : il ne se décide pas depuis un logiciel de création, et il vaut mieux demander directement à l'imprimeur quelles encres il utilise plutôt que de le présumer.

Le mode colorimétrique du fichier (CMJN pour l'impression, à distinguer du RVB utilisé à l'écran, voir CMJN ou RVB) n'a pas d'incidence directe sur l'impact environnemental de l'encre, mais éviter les grands aplats de couleur pleine réduit la quantité d'encre déposée sur le papier, un conseil également mis en avant par ma-bonne-impression.fr pour un design plus éco-responsable. C'est un réglage de conception simple à appliquer, sans coût supplémentaire, qui va dans le même sens que la réduction du gaspillage de matière.

Offset ou numérique : le choix dépend surtout du tirage

Entre l'impression offset et l'impression numérique, il n'existe pas de procédé universellement plus écologique : le tirage prévu oriente le choix. Pour des petits et moyens volumes, l'impression numérique évite la préparation de plaques et de réglages propres à l'offset, ce qui limite la perte de papier et d'encre liée au calage de la machine en début de tirage ; l'imprimeur en ligne Print.com indique d'ailleurs, sur print.com, privilégier le numérique à l'offset sur les petits et moyens tirages pour cette raison. Pour de grands volumes, l'offset, une fois la machine réglée, imprime à un coût matière par exemplaire plus faible. Le critère de choix reste donc la quantité réellement nécessaire, pas une préférence de principe pour l'un ou l'autre des deux procédés.

Vérifier que l'imprimeur est labellisé Imprim'Vert

Imprim'Vert est une marque collective créée en 1998 par la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de Loir-et-Cher et la Chambre régionale de métiers et de l'artisanat du Centre, dont Amigraf assure la gestion nationale et internationale depuis fin 2007, selon la présentation officielle publiée sur imprimvert.fr. La marque a pour objectif de réduire les impacts environnementaux liés aux activités de l'imprimerie, et porte sur le site de production lui-même, pas sur le papier utilisé : un atelier labellisé peut travailler avec plusieurs types de papiers, le label ne garantit rien sur leur origine.

Le cahier des charges national comporte cinq critères, vérifiés sur place par un référent avant l'attribution du label, toujours selon imprimvert.fr :

Critère du cahier des chargesCe qu'il impose à l'atelier
Élimination des déchets dangereuxCollecte au moins une fois par an par des collecteurs agréés, de façon conforme à la réglementation
Sécurisation des stockagesStockage sécurisé des liquides neufs dangereux, des produits en cours d'utilisation et des déchets liquides
Produits CMRSuppression ou substitution de certains produits classés CMR (H340, H350, H360) quand c'est techniquement possible
Sensibilisation environnementaleInformation du personnel, et de la clientèle pour les ateliers principalement en impression numérique
Suivi énergétiqueRelevé mensuel ou trimestriel des consommations énergétiques, transmis à chaque renouvellement du label

Pour vérifier qu'un atelier est bien labellisé, la méthode la plus simple reste de le demander directement à l'imprimeur et de consulter le réseau des référents Imprim'Vert, présents dans les Chambres de Métiers et de Commerce de chaque région, qui réalisent eux-mêmes la visite du site avant l'attribution du label, comme le détaille imprimvert.fr. Pour comprendre en détail ce que le label contrôle et ne contrôle pas, consulter la fiche Imprim'Vert : ce que garantit le label.

Les étapes pour vérifier un label avant de commander

  1. Demander à l'imprimeur s'il détient le label Imprim'Vert, et depuis quand.
  2. Demander si le papier proposé est certifié FSC ou PEFC, ou recyclé, et sur quel document cette certification apparaît.
  3. Demander quel type d'encre est utilisé (végétale ou non) pour le support concerné.
  4. Comparer la quantité réellement nécessaire avec la quantité minimale proposée par l'imprimeur, et ajuster le devis si besoin.

Les mentions obligatoires ne changent pas avec l'impression écoresponsable

Un imprimé écoresponsable reste soumis aux mêmes obligations légales qu'un imprimé classique. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse impose, en son article 2, que « tout imprimé rendu public, à l'exception des ouvrages de ville ou bilboquets, portera l'indication du nom et du domicile de l'imprimeur ». Le Code de l'environnement prévoit par ailleurs, à son article L. 541-10-1, l'obligation de faire figurer sur certains imprimés une information de tri (logo Triman ou équivalent) et une mention incitant à ne pas jeter l'imprimé sur la voie publique. Ces obligations s'appliquent indépendamment du papier ou de l'encre choisis, et valent la peine d'être vérifiées avant l'envoi du fichier plutôt qu'après réception de l'imprimé.

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L'erreur la plus fréquente

L'erreur la plus répandue n'est pas un mauvais choix de papier ou d'encre, c'est une quantité commandée largement supérieure au besoin réel pour profiter d'un tarif dégressif. Un flyer sur papier recyclé commandé en excès reste un gaspillage : il vaut mieux commander une quantité ajustée, quitte à repasser une petite commande plus tard, que surproduire une fois pour toutes.

Un exemple concret : Léa prépare ses flyers A5 pour son association

Léa organise un événement associatif et doit faire imprimer des flyers au format A5 à distribuer en main lors de trois journées de porte-à-porte dans son quartier. Plutôt que de commander un tirage plus large pour obtenir un prix unitaire plus bas, elle estime le nombre de personnes réellement rencontrées sur les trois journées et retient une quantité ajustée à ce besoin, avec la possibilité d'en reprendre une petite quantité plus tard si besoin.

Pour le papier, elle choisit un papier non couché certifié, sans vernis ni pelliculage, ce qui évite une finition inutile pour un support destiné à être lu une fois puis conservé ou recyclé. Côté procédé, le volume modeste de son tirage l'oriente naturellement vers une impression numérique plutôt qu'une mise en route offset, pensée pour de plus grands volumes. Avant d'envoyer son fichier, elle demande à l'imprimeur s'il est labellisé Imprim'Vert et quelles encres il utilise : la réponse ne change rien à la mise en page, mais confirme le choix de l'atelier.

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Liste de vérification avant d'envoyer le fichier

Avant d'envoyer un fichier à l'impression dans une logique écoresponsable, vérifier dans l'ordre : la quantité commandée correspond-elle au besoin réel de diffusion ? Le papier choisi est-il recyclé ou certifié FSC ou PEFC ? Les aplats de couleur pleine sont-ils limités au strict nécessaire ? Les finitions (vernis, pelliculage, dorure) sont-elles toutes utiles, ou seulement décoratives ? L'imprimeur est-il labellisé Imprim'Vert, et son encre est-elle précisée ? Le fichier comporte-t-il les mentions légales obligatoires (nom et domicile de l'imprimeur, information de tri le cas échéant) ?

Tableau récapitulatif des choix à faire

ActionEffet concret
Ajuster la quantité commandéeÉvite le surstock et le gaspillage de papier et d'encreLes seuils de tarif dégressif, pour ne pas commander au-delà du besoin
Choisir un papier recyclé ou certifiéGarantit une origine contrôlée du bois ou une fibre déjà recycléeLe niveau de certification FSC ou PEFC affiché sur le devis
Limiter les aplats et les finitionsRéduit la quantité d'encre et simplifie le recyclage en fin de vieLes finitions proposées par défaut (vernis, pelliculage)
Vérifier le label de l'atelierConfirme un suivi des déchets, du stockage et de l'énergie côté productionLa date d'attribution du label Imprim'Vert, et le réseau de référents permettant de le vérifier
Choisir le bon procédé selon le volumeÉvite la perte de calage sur de petits tirages, ou le surcoût matière sur de grandsLe seuil de quantité à partir duquel l'imprimeur bascule de l'un à l'autre

Questions fréquentes

Quelle est la définition d'un imprimé écoresponsable ?

Un imprimé écoresponsable est un support dont la fabrication a été pensée pour limiter les ressources consommées et les déchets produits à chaque étape : quantité commandée, papier choisi, encre utilisée, procédé retenu et finitions ajoutées. C'est la combinaison de ces choix, pas un seul d'entre eux, qui définit le résultat.

Qu'est-ce que le graphisme éco-responsable ?

C'est le fait de penser la mise en page en amont pour limiter l'impact du support imprimé : éviter les grands aplats de couleur pleine, limiter les finitions décoratives non nécessaires, et adapter le format et le grammage à la durée de vie réelle du document plutôt qu'à l'habitude.

Quelles sont les couleurs les plus adaptées à une impression responsable ?

Il n'existe pas de couleur en soi plus ou moins écologique : c'est la surface couverte par la couleur, et non sa teinte, qui fait varier la quantité d'encre déposée. Réduire les aplats pleins, quelle que soit leur couleur, limite la consommation d'encre.

Quels labels reconnaître sur un imprimé écoresponsable ?

Deux familles de labels se complètent : ceux qui portent sur l'atelier d'impression, comme Imprim'Vert, et ceux qui portent sur le papier, comme FSC ou PEFC. Les deux apportent des garanties différentes et ne se substituent pas l'un à l'autre.

Le papier recyclé est-il toujours plus écologique que le papier neuf certifié ?

Les deux filières sont liées plutôt qu'opposées : le papier recyclé évite de prélever de la fibre vierge, mais sa qualité se dégrade à chaque cycle, ce qui nécessite un apport régulier de fibre neuve issue de forêts gérées durablement. Le critère le plus fiable reste la présence d'une certification, FSC, PEFC, ou la mention de fibres recyclées, plutôt qu'une opposition systématique entre les deux.

Imprim'Vert garantit-il que le papier est écologique ?

Non. Imprim'Vert est un label qui porte sur l'atelier de production (gestion des déchets dangereux, stockage, sensibilisation, suivi énergétique), pas sur l'origine du papier utilisé. Pour une garantie sur le papier, il faut regarder une certification distincte comme FSC ou PEFC.

Imprimer de façon écoresponsable n'est pas une case à cocher sur un devis, c'est une suite de choix qui s'additionnent : une quantité ajustée, un papier d'origine contrôlée, une encre vérifiée, un procédé adapté au volume, des finitions réduites au nécessaire, et un atelier dont le label se vérifie plutôt que de se présumer. Aucun de ces choix ne demande un budget supplémentaire ni un logiciel particulier. Ce qui change, c'est de poser les bonnes questions avant d'envoyer le fichier, pas après avoir reçu l'imprimé.

Portrait de Rémi Castelbrun

Rémi Castelbrun, rédacteur en chef. Passé par l'atelier et le studio graphique, il explique l'impression sans jargon : formats, fichiers, papiers, finitions. Chaque règle est vérifiée.